La base de Vernadsky


Scott

Ce matin on repart pour le mont Scott. Ce n’est pas très loin mais il faut déjà sortir du mouillage avec le vent, la banquise et les phoques. Bon, les phoques ne sont pas trop gênants en vrai. Il y a beaucoup de glace, l’avance est lente et précautionneuse. On voit le mont Scott d’assez loin, il est grand, avec un glacier qui descend jusqu’à la mer. D’après Yvan, ça a l’air plus raide que la dernière fois qu’il était venu, et de fait, c’est très raide. Le ressac rend encore l’approche impossible, il y a cette longue houle du large qui n’a l’air de rien en mer mais qui sur le rivage fait des variations d’un ou deux mètres.

Plan B, on va essayer le De Maria, juste en face. On repart dans ce grand bol de glaçons, on croise quantité de baleines et manchots qui sautent partout, on zig et on zag. Impossible d’approcher, c’est beaucoup trop encombré, on dirait qu’on ne va pas encore faire de ski aujourd’hui.

Plan C, on va à la base de Vernadsky, chez les Ukrainiens, qui auraient un bar avec de la vodka distillée sur place. Le dernier bar avant la fin du monde. On va déjà essayer de sortir de cette mer de glace qui ne veut pas nous laisser en paix.

Icebergs sur la route Icebergs sur la route Icebergs sur la route Icebergs sur la route Charles monte au nid de pie Icebergs sur la route Icebergs sur la route Icebergs sur la route Elodie surveille les glaces

Vernadsky

L’arrivée au mouillage est épique. Déjà, l’emplacement protégé est bloqué par un énorme iceberg en plein milieu. On part à la recherche d’un autre lieu en nous faufilant entre glace et îlots, avec un vent assez fort. Virgile (aka Moussaillon) est parti en reconnaissance avec l’annexe, il se perd à un moment à cause des glaces qui bougent sans cesse. Finalement, on revient au premier mouillage et surprise, l’iceberg est parti, on peut aller se mettre au fond. Pas tout à fait où Olivier aurait voulu, l’emplacement privilégié étant encombré de banquise, mais pas trop mal. On est de nouveau tenu par deux aussières, le mouillage étant interdit depuis peu (on apprendra plus tard qu’ils font des prélèvements d’eau de mer à cet emplacement et qu’il ne faut du coup pas trop remuer le fond) et longeant la banquise.

Marama au mouillage

On a contacté la base, ils peuvent nous recevoir ce soir entre 21h et minuit, mais pas demain parce qu’ils attendent un bateau ravitailleur. On y va donc après manger, vers 21h30. De toute façon, il fait toujours grand jour. On est accueilli par Sasha, en short léger et T-shirt, après tout, on est en été non ?

Accès à la base Panneau à l'entrée de la base

Ils sont une quinzaine de scientifiques à travailler dans cette base, ils nous font visiter les différents laboratoires en nous expliquant un peu leur travail. La base en elle-même est assez confortable et très bien chauffée, au milieu des manchots, avec un médecin, et une aire d’activités ludiques pour passer le temps entre deux mesures. Ils font des relevés sur tout un tas de choses, météo, biologie, ionosphère, magnétométrie, couche d’ozone, et d’autres encore.

Accès à la base Panneau à l'entrée de la base

En fin de visite, ils nous proposent de venir boire un coup dans leur fameux bar le plus au sud du monde, une vodka produite sur place. C’est un moment un peu magique, on est très bien accueillis avec petits fours et friandises, et avec des shots à volonté.

Accès à la base Paneau à l'entrée de la base

Entre-temps d’autres scientifiques nous ont rejoint, un moment d’échange assez unique. On parle évidemment de la guerre mais aussi de leur quotidien, ils restent en mission 12 mois de mars à mars. La période d’hiver est évidemment assez dure, mais l’été est plutôt sympa même si les visites restent rares. On repart vers 23h30, toujours au grand jour. Ils nous offrent même une bouteille de leur vodka ! Les Ukrainiens sont vraiment top, tant que vous n’êtes pas russe bien sûr (ils avaient prévenu par radio que les Russes n’avaient pas le droit de débarquer, mais on n’en a pas à bord même si Charles parle russe, une chance)

Remontée vers le nord

Au matin on va repartir. On a atteint ici notre point le plus au sud, à la limite du cercle polaire, il faut maintenant remonter. Déjà, sortir du mouillage, la petite crique où on était est dégagée mais derrière, c’est le chaos, des gros icebergs partout qui bouchent le chemin direct. On doit faire un détour et sortir côté mer pour éviter toute la glace. On va essayer de retourner au Scott pour voir si on peut débarquer maintenant et skier un peu.

Évidemment, rien ne s’est passé comme prévu. On est parti dans une mer de glaçons, le vent a forci, il est maintenant de face. Engagés dans le Lemaire, on a dû faire demi-tour quand il s’est avéré être bouché. On a gagné l’océan, avec de plus gros glaçons encore et un peu plus de mer, mais au moins on a de la place pour passer. Tous nos espoirs de ski sont envolés pour aujourd’hui, il y a maintenant 35 à 40 knots de vent. La surveillance des glaces à l’avant se transforme en douche froide et on commence à être bien secoués. On espère maintenant atteindre Port Lockroy en fin de journée, vers 20h.

Navigation dans la glace Navigation dans la glace Mer et glace

Port Lockroy deuxième

On est arrivé pile à 20h, et à 20h30, on était installés avec 100m de mouillage dans encore 30 à 40 knots de vent. On a passé la soirée et la nuit avec le bruit des glaçons qui frottaient le long de la coque. Et le bruit du vent.

Le matin venu, on est allé visiter la réserve de manchots. Ils sont toujours en train de couver et ils sont beaucoup trop mignons 😍 et odorants 🤮. Il y a aussi un beau squelette de baleine

3 manchots sur la glace Cotelettes de baleine Crâne de baleine colonie près de la baleine colonie de manchots

Par contre, toujours pas de conditions acceptables pour nous déposer en ski, on va repartir pour un autre spot plus sûr.

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