Des expériences passées

J'ai eu des expériences par le passé à l'étranger. Pas tant que ça mais toujours intéressantes. En dehors du plaisir d'aller voir ailleurs comment ça se passe et par là même de se rendre compte de l'état calamiteux de notre pauvre pays, c'est aussi les rencontres de personnes différentes en étant soi même "l'étranger" qui est des plus intéressantes. Je n'ai pas à proprement parlé fais pour autant le tour du globe, mais j'ai pu aborder les pays suivants:

  • Singapour
  • L'Afrique du Sud
  • Le Liban
  • Le Maroc
  • L'Arabie Saoudite
  • Les Emirats Arabes Unis

Je ne parle pas des DOM-TOM qui restent la France et qui n'ajoute qu'une touche d'exotisme à de la complexité administrative pourtant largement challengée par ailleurs (octroi, taxes diverses et problèmes d'exportation)

Des gens

Le plus intéressant à l'étranger, quand on y va pour travailler, ce sont les gens. On a en effet assez peu l'occasion de faire du tourisme quand on part quelques jours seulement. Mais on travaille avec des locaux qui, le temps des repas en commun, nous racontent leur vie et leur pays, vu de l'intérieur, ce qui est souvent passionnant. Ils racontent aussi leur vision de la France qui est là aussi, on peut tomber de haut. Elle est souvent soit idéalisée (pour ceux qui n'ont pas visité) soit un peu plus crue pour ceux qui sont venu (souvent à Paris) et qui ont subi la saleté, les grèves et le parisiens ! Et avec les gens, il faut garder contact parce que c'est précieux.

Dernières expériences

Justement, un ancien client de ma vie d'avant me recontacte l'année dernière parce qu'il a un projet et qu'il aimerait m'en parler.Client Saoudien, gentil et intelligent (très intelligent) spécialiste du béton et des matériaux de construction, de leur analyse. Du genre à qui on fait appel pour trouver des solutions pour couler du béton en haut d'une tour de 1000m de haut (ça existe, c'est en cours de construction) Du coup, ce monsieur me demande de venir travailler avec lui et m'invite donc une première fois à Jeddah, KSA. J'étais déjà venu là bas il y a quelques année. Les choses n'ont pas beaucoup changé en 10/12 ans... L'état islamique strict, femmes voilées en noir, aucune qui ne travaille ou presque, qui ne conduisent pas même si théoriquement elles pourraient. Le poids de la religion et des traditions, compliqué à faire évoluer dans un tel pays (mais fait-on mieux en France quand on voit les réaction face à une annonce de changement même mineur ?) Et puis Dubai la semaine dernière pour une 3ème séance de travail. Là c'est carrément autre chose. Les changements sur une période identique sont spectaculaires ! Il y a une dizaine d'années, c'était un immense chantier, des grues partout et le Burj Kalifa en construction. Maintenant, c'est Disneyland ! Encore quelques chantiers mais tellement moins, et de la lumière partout, les plus grand "insert anything here" du monde ou presque. La visite au sommet du "Burj Kalifa" qui s'impose et est carrément spectaculaire (et chère aussi). Toujours le mélange de population comme nulle part ailleurs, toutes les tenues, toutes les couleurs. Et une atmosphère énergisante ! Ici, les gens n'ont pas de problème avec l'argent et ça se sent. Ils ont un rapport sain avec lui, il n'est pas mal vu d'en gagner et d'en dépenser. On ne sent pas la haine du riche ni l'envie de lui prendre ce qu'il a pour des raisons de "justice" mais plutôt de l'admiration pour celui qui a réussit. Et du coup c'est assez dépaysant et rafraîchissant par rapport aux aigris envieux qu'on trouve en France, au rapport malsain avec la réussite présent dans tous les discours de nos chers (très chers) candidats. On admire le courage et le travail de l'entrepreneur tant qu'il ne gagne pas trop, sinon, il faut lui prendre le résultat de ce travail pour partager avec les autres, ceux qui n'ont pas pris de risques et qui sont restés dans leur zone de confort. Mais s'il ne réussit pas, alors c'est un raté à qui il faut faire payer (merci l'article 40 et le fichage banque de France qui paraît-il ne serait plus automatique, pas vérifié dans les faits)

Un métro de luxe

Le métro de Dubai est excellent mais n'a aucune chance de voir le jour en France. Pourquoi ? Parce qu'il est inégalitaire! Pensez donc, il propose un wagon de première classe (avec sièges en cuir et forcément beaucoup moins de monde) deux wagons réservés aux femmes parce qu'on est quand même dans un état islamique et qu'elles ont donc une place à part. On pourrait très bien imaginer ce type de wagon en France, permettant aux femmes de se sentir un peu plus en sécurité, sans "frotteurs" à craindre. Par soucis d'égalité, on ferait alors également des wagons réservés aux hommes et enfin le reste en wagons mixtes (mais ne rêvons pas). Enfin métro évidemment propre, climatisé et automatique, assez peu sujet aux grèves donc. Avec un système de payement astucieux et variables en fonction de la classe évidemment et de la distance parcourue ce qui a du sens.

Travailler avec des Saoudiens

Autant on peut critiquer leur façon de penser et le régime du pays, autant c'est quand même un plaisir de travailler avec eux. On est dans un monde de confiance et de parole donnée. On peut faire des contrats évidemment mais la parole a une valeur et le risque qu'elle soit remise en cause est faible (je parle ici de mon expérience personnelle, il est certains que d'autres auront peut être eu des déconvenues) Et ils règlent leur facture à réception et ça, pour un Français, c'est quand même quelque chose !

Travailler avec tout sauf des français

Pour avoir échoué dans ma première startup en voulant travailler avec des entreprises françaises (des grosses) je peux dire que c'est vraiment impossible à faire sauf à avoir des relations privilégiées avec des décideurs. Et encore... Le client français n'a qu'une question : "est-ce que ça a déjà été testé ailleurs" ? En gros, il ne veut pas être le premier même si le risque est nul ou presque et que ça ne lui coûte quasiment rien. Il faut un produit éprouvé et validé par un autre. Autre qu'on trouvera bien plus facilement à l'étranger bien sûr, ou l'envie de tester des nouveautés n'est pas taboue.

En conclusion

Il faut travailler à l'étranger ou avec des étrangers. Rester dans son pré carré ne fonctionne pas, en tout cas pas chez nous. De plus les élections approchant vont peut être précipiter les choses (imaginons un cauchemardesque 2d tour MLP/JLM) Avec mon associé saoudien, on va sans doute monter notre startup par chez lui, afin d'avoir des visées internationales (et profiter des financements saoudiens, d'une autre ampleur que les financements français) Un beau projet international en vue qui va être très excitant à suivre !